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Seize mois se sont écoulés depuis que SYRIZA est devenu le premier gouvernement en Europe du 21e siècle doté d’une empreinte de gauche radicale. D'un petit parti, SYRIZA est devenu la formation politique la plus importante du pays dans un très court laps de temps.

Ayant de grandes vertus (dont l’écoute de la société) SYRIZA n'a pas tardé à repérer la nouveauté là où elle fut créée : au sein du Forum social européen, lors des mouvements des places, au sein des mouvements écologistes, des mouvements pour une meilleure qualité de vie, des mouvements féministes.

La coalition de la gauche radicale a été rapide à mettre en œuvre des politiques qui rassemblent la gauche et à donner des réponses aux problèmes sociaux actuels.

Rapide pour corriger l'erreur. Dans un très court laps de temps, SYRIZA a su changer ses décisions, s’il a estimé qu'elles étaient erronées.

Il a nous fallu, cependant, plusieurs mois pour apprendre l'importance des rapports de force dans la vie politique.

Or, nous ne sommes pas devenus la « parenthèse de gauche » comme on voulait nous présenter et probablement, nous ne le deviendrons pas. Au lieu de cela, nous sommes devenus une référence internationale, et non seulement pour la gauche.

Dorénavant, chacune de nos paroles et chacun de nos actes doivent peser tant au sein du gouvernement que du parti.

Un élément clé de notre communication avec la société, communication où il est vrai que nous sommes confrontés à de sérieux problèmes, devrait être l'honnêteté. Il ne faut dire que des vérités. Alors seulement par ce biais nous serons en mesure de regarder les gens droit dans ses yeux.

Et, alors, dira-t-on, que devient-il tout ce que nous avions promis avant les élections de 2015, à travers notre programme de Théssalonique?

En relisant le programme de Théssalonique, nous pouvons constater que ce que tous les changements qualitatifs nous avions proposés, n’imposant pas de coûts économiques, nous pouvons les réaliser presque en totalité d’ici la fin des quatre ans du gouvernement. Nous pouvons également mettre en œuvre une partie de nos propositions financières. Rappelez-vous que la société nous dit que si nous arrivons à réaliser le dixième de ce que nous avions prévu, elle serait heureuse.

Quelques réflexions sur le parti..

Par la scission, le parti a subi un sérieux coup. Nous avons perdu un grand nombre de camarades aimés et les plus habiles compagnons de lutte. Le 48,2% des membres du Comité central est parti ou a démissionné. Le 15% de membres du parti aussi. Et le 2,9% des électeurs.

Avec effort et difficultés nous reconstruisons notre parti.

Lorsqu'on il nous est demandé ce qu'il faut faire en premier lieu, la réponse est la suivante:

Il faut ouvrir les portes du parti vers la société. Mais ne pas laisser les nouveaux camarades livrés à eux-mêmes. Le parti doit éduquer les camarades, anciens et nouveaux, par le biais des valeurs de la Gauche, à savoir, l'altruisme, la Démocratie, la participation, la solidarité, la camaraderie, la pensée insoumise, la patience. Il faudra aussi fermer ses portes pour de bon aux mécanismes qui transforment le 2,9% à 48,2%, et qui envoient chez eux de milliers de membres qui voient qu'ils ne peuvent pas participer de manière équitable dans la vie du parti.

Le vrai dilemme n’est pas si nous aurons de tendances dans le parti, mais si les tendances vont se sentir qu'ils appartiennent au même parti. Nous ne voulons pas une fédération de tendances du parti, comme en fait, nous étions les derniers temps, mais un seul parti, avec des courants idéologiques.

Les six dernières années, nous avons beaucoup appris, probablement plus que nous avons appris au sein de la gauche tout au long de notre vie. Nous sommes en mesure de façonner notre parti comme le rêvons.

Pour le mettre à niveau comme une institution de la Démocratie. Se pencher attentivement sur les propositions et les préoccupations des camarades.

La réalité est que sur 75 électeurs de SYRIZA un seul est membre.

Pour permettre à un parti radical de soutenir un gouvernement de coopération doté d’une orientation de gauche, de sorte que ce gouvernement évite aussi bien l'effondrement que l’intégration au système, il doit être un parti de masse, avec plusieurs milliers de membres.

Des membres partout dans la société, dans les lieux de travail, les villes, les quartiers, les villages. Un principal critère d'adhésion au parti de nouveaux membres, indépendamment de leurs origines politiques, doit être s’ils se tenaient loin -ou non - de la corruption et de la « διαπλοκή ».

Car, il devrait être clair que, là où il n'y a pas de membres de SYRIZA, le vide est occupé par les médias systémiques et les forces obscures d'hier.

La phobie de l'ouverture du parti vers la société est en fait une vue inefficace au sein de la gauche. Et ceci car on estime qu’avec un "bon" petit parti de gauche, et un gouvernement capable, efficace, de grands changements dans la société et le pays peuvent être apportés.

Mais on oublie que les grands changements dans la société ne peuvent être apportés que par la société elle-même par ses propres luttes, ayant en son sein un parti de gauche radicale qui a appris à donner à la société et à recevoir d’elle.

"La société ne changera pas sans SYRIZA massif"  Par Petros Karageorgos, membre du Secrétariat politique de SYRIZA, responsable de l'Organisation.
"La société ne changera pas sans SYRIZA massif"  Par Petros Karageorgos, membre du Secrétariat politique de SYRIZA, responsable de l'Organisation.

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