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en vue du 2e Congrès du Parti de la coalition de la gauche radicale en Grèce,

au gouvernement depuis 18 mois.

(Le 2e congrès de Syriza a lieu à Athènes du 13-16 oct 2016)

11 + points – 25 Juin 2016 .

Après une longue période, après maints reports répétés, nous arrivons enfin au 2e congrès de SYRIZA. Il s’agit d’un congrès crucial, car nous devons répondre collectivement et démocratiquement et de façon honnête comme il sied aux militant-e-s de gauche, qui sont dans la lutte avec désintéressement: que s’est-il passé, quelles étaient les causes de la défaite de l'été dernier, ce que nous pouvons faire, s'il reste encore de la place à une politique de gauche radicale, concurrente (adverse) à la politique néolibérale du projet capitaliste. Nous devons parvenir à un accord entre nous sans « lignes doubles » et élaborer un plan d'évacuation (de sortie) d'un programme étranger à la gauche, hostile aux classes populaires.

Nous aurons besoin de fournir des réponses pour notre parti, à propos de sa relation avec le gouvernement, les mouvements sociaux. Reconnaître, pour qu'il soit corrigé, que le processus démocratique dans notre parti n'a pas été respecté comme nous l'avions prévu, qu’il y a eu des décisions importantes prises par contumace des membres et des organes élus de SYRIZA.

Nous aurons besoin de repenser notre stratégie dans les nouvelles conditions, non pas au nom du réalisme, mais au nom d'un effort pénible et difficile pour l'hégémonie idéologique, au nom du processus de la transformation de l'Etat, au nom de la perspective d'une société radicalement différente. Nous le répétons, notre objectif stratégique est le socialisme avec de la liberté et de la démocratie. L'avenir du monde ne peut pas être le capitalisme.

Nous aurons besoin de réaffirmer notre engagement envers les grandes incisions (fissures, brèches) nécessaires, qui ouvriront des voies, créeront des conflits avec l'ancien système politique usé, qui est responsable de l'effondrement économique et social. La gauche n’est pas ici pour gérer d’un visage plus humain le désespoir mais pour changer la société. Et la société ne change pas sans incisions, sans ruptures, sans conflits avec l' « establissement » local et européen.

Le débat sur l'Europe, sur l’évolution de l'UE ne doit pas être scellé ni suivre de fixations dogmatiques qui viennent du passé. Les développements en Europe sont importants, contradictoires, conflictuels. Le nationalisme lève la tête, les gangs d'extrême droite et de nazis sont maintenant à l’avant-scène, ils sont, malheureusement, un pôle parmi ceux qui ont été formés.

L’Europe dominée par l’Allemagne, par le biais de la politique qu’elle a imposée - politique de l'austérité sauvage et de l’autoritarisme - divise, alimente la crise et renforce objectivement les mentalités (raisonnements) nationalistes, xénophobes et extrémistes. Plus elle insistera sur cette voie, plus seront renforcées les tendances centrifuges. Le pôle de la gauche, des mouvements sociaux, des formations politiques vertes, quoique minoritaires dans l'ensemble de l'Europe - plus présentes dans le Sud- constituent l'espoir qui vient.

Les développements en Grande-Bretagne, confirment essentiellement nos affirmations que l'Europe de l'austérité, de la misère et des inégalités multiples, non seulement n’est pas attrayante, mais en plus elle renforce le nationalisme, qui exploite la colère justifiée des peuples, en particulier des plus faibles couches de la société.

Notre congrès, donc, aura lieu dans une période critique.

Nous soumettons donc onze points +, en tant que contribution à un débat qui a déjà commencé.

1.Tandis que "l'accord (mémorandum)" de l’été dernier - au moins à cette période là - a été expliqué, à juste titre, comme étant le produit d'extorsion et de chantage sans scrupules –il avait été dit correctement : " accord obtenu avec le pistolet sur le tempe" - progressivement cette explication politique a été affaiblie, avec comme résultat qu’une partie du peuple grec perçoive ces politiques d’austérité du mémorandum comme étant l’ engagement de notre propre programme de SYRIZA et de la gauche radicale. La comparaison des mémoranda (« accords » de politiques d’austérité) à travers d’expression du type : "notre accord est meilleur que ceux des autres" (phrase qui a été dite à plusieurs reprises) ou encore l’expression : « l'accord de l’été 2015 n'épuise pas le programme de SYRIZA », non seulement ne nous aident pas, mais de plus, elles créent progressivement une perception déformée et nous placent en fin de compte dans le cadre "tous les mêmes !" L’ « accord» signé avec le pistolet sur la tempe en juillet 2015 est peut-être plus doux par rapport à ce qui était sur le point de signer la droite, ceci est vrai. Or, cet « accord » se situe à des années-lumière d’un programme de gauche doté d’une orientation sociale et de classe.

Il y a risque donc de se produire ce que dès le départ nous avions identifié comme étant un danger sérieux: que la défaite et le compromis de l’été dernier soient transformés à un choix stratégique. Nous insistons et soulignons chaque fois que cette mention : «le mémorandum ne nous appartient pas » en combinaison avec notre programme parallèle, sont des mots clés pour nos relations avec les milieux populaires et bien sûr pour la sortie de la tutelle et des politiques d’austérité.

De toute évidence, l'exigence des élites néolibérales de l'UE de nous faire adapter le 3e mémorandum, de nous faire signer et admettre même, soit disant, sa conception, n’est pas due au hasard. Notre refus, notre persévérance, malgré le compromis, pour une autre stratégie, non seulement les agace, mais pose une ligne de démarcation - clé avec le bloc autoritaire néolibéral en Grèce et en Europe.

Le programme parallèle de Syriza n’est ni fantaisie ni ruse et il a besoin d’une mise en avant politique maximale. En substance, le «programme parallèle» constitue un élément clé de notre stratégie, lequel est en fait en contradiction (conflit) avec la mise en œuvre des engagements du mémorandum. Le programme parallèle "sape" le mémorandum ou - pour le dire autrement – il fonctionne sur un mode de concurrence et s’inscrit clairement dans un processus de confrontation, sur la base d'un plan politique de désengagement global du mémorandum. Si nous le décolorons ou le neutralisons, nous lui enlevons de l'espace vital et annulons dans la théorie et la pratique la ligne de démarcation gauche - droite. Le décalage qui existe en ce qui concerne les avancements du programme parallèle, est une grave erreur et réduit notre base de contact avec les couches sociales les plus faibles ou avec des segments radicaux, lesquels, l'an dernier, avait des attentes beaucoup plus élevées de notre parti.

Néanmoins, les exemples sont assez nombreux pour que nous puissions enregistrer l'opposition politique et idéologique, pour renforcer les alliances sociales et faire revivre l'espoir que le processus de la transformation sociale n’est pas un vain mot, que le programme parallèle n’est pas une fantaisie ni un alibi, mais une réelle possibilité, qui, cependant, a besoin de persévérance, de plan, de priorités.

Le projet de loi pour l'administration publique, la question des réfugiés, la discrimination positive sociale et de classe en faveur des groupes les plus vulnérables (électricité, eau, nourriture, programmes sociaux, carte de solidarité, les non assurés enfin assurés, les 100 doses, l'éducation, le pacte de cohabitation de couples de même sexe, la citoyenneté pour les enfants de migrants, les médias et la chasse de la corruption, l'abolition des prisons de mineurs et bien d’autres mesures) sont les noyaux d’une politique pro-peuple, anti-autoritaire et orientée selon de critères de classe.

Nous considérons que le programme parallèle devrait être accéléré, enrichi avec des priorités spécifiques (par exemple, les relations de travail, les conventions collectives, le salaire minimum, le droit syndical, etc.) et faire l'objet d'une discussion séparée dans les organes, mais aussi dans l'ensemble du parti et de la jeunesse.

Sur la base des éléments ci-dessus, maintenant que la première évaluation est terminée et en vue du congrès, nous avons besoin de concevoir et de développer une feuille de route pour une sortie la plus rapide possible de la tutelle, du mémorandum et des raisons qui nous ont conduit à cela. La feuille de route ne peut qu’être notre projet politique global, contenant des fissures, mettant en œuvre des brèches radicales, des contre-attaques idéologiques, la préparation pour le lendemain. La feuille de route doit devenir l'objet d'un débat public, qui se caractérisera par une honnêteté absolue, un plan clair et des solutions alternatives.

Notre parti s’est déjà posé la question dans le passé, mais aujourd'hui encore : « être au gouvernement à tout prix ?» Nous répondons: Nous sommes au gouvernement non pas à tout prix, mais aussi longtemps que nous sommes convaincus que dans les conditions actuelles étouffantes et les divers chantages subis, nous pouvons encore et malgré tout exercer des politiques sous un angle gauche en faveur des couches sociales les plus faibles. Notre devoir, en tant que parti, est justement ceci : atténuer et affaiblir l'impact de la mise en œuvre du mémorandum, pour ouvrir les voies de transformation, façonner de nouveaux esprits et de nouveaux rapports de force. Par conséquent, la question du dilemme est fausse.

Bien sûr, nous sommes intéressés à être au gouvernement tant que nos alliances sociales nous permettent de jouer notre rôle. Si nous perdons, de notre responsabilité, notre lien avec les couches les plus faibles et les milieux populaires, avec les segments radicalisés de la société, si nous rompons finalement notre relation avec les mouvements sociaux radicaux, il n'y aura aucun sens de rester dans un gouvernement qui aura perdu, en fait, le soutien social. Aujourd'hui, les plus faibles et les plus démunis fondent leurs espoirs dans SYRIZA précisément parce qu'ils se rendent compte que « tous ne sont pas les mêmes ». Et c’est la raison d’ailleurs pour laquelle l'establishment politique et des médias s’attaque avec véhémence contre Syriza.

Il est évident que notre principal objectif est de surmonter les récifs et la défaite. Nous maintenons notre optimisme, nous comprenons l’importance cruciale pour les classes populaires que la gauche reste au gouvernement dans le pays, même dans ces conditions très difficiles. Nous ne choisissons pas la fuite. Nous savons, cependant, que pour nous, nous avons un adversaire extrêmement fort, cherchant l'assimilation ou la chute du gouvernement par sa dévaluation sociale. Dans un tel cas, nous disons ouvertement que nous préférons tomber au combat héroïquement, si nécessaire, à cause de la troïka externe ou interne mais ne pas tomber de façon dégradée et humiliante par la société elle-même.

Nous rejetons toute idée de gouvernement universel. Pas simplement à cause de l'obsession idéologique ou la pureté idéologique, mais parce que nous croyons fermement que la ligne de démarcation gauche - droite est plus que réelle dans presque toutes les questions d'intérêt pour la société grecque. La plate-forme Mitsotakis est révélatrice quant aux intentions de la Nouvelle Démocratie, parti de droite et chef de fil du pôle anti-syriza : elle décrit de façon claire que, aussi bien au sujet de la politique économique que des questions sociales plus larges, il existe, entre eux et nous, un écart abyssal. Ce n’est pas un hasard, d'ailleurs, si la Nouvelle Démocratie et les autres partis de l'opposition conservatrice et réactionnaire (PASOK, Potami, Union des Centristes…) interpellent le gouvernement grec pour la question des réfugiés, disent qu'il n’a pas de politique de dissuasion et s’alignent pratiquement avec le front anti-réfugiés créé en Europe. Ces partis, donc, chacun à sa manière, cherchent la chute du gouvernement et font la promotion, d'une manière ou d'une autre, de l'idée d'un «autre gouvernement» par le parlement actuel ou d’un gouvernement universel.

En effet, nous parlons de deux projets politiques rivaux, deux mondes opposés, deux valeurs-charges différentes. Nous allons le souligner encore une fois: il n’y a pas de projets nationaux, et la société, de toute façon divisée, n’exige pas un consensus national. La polarisation sociale, les énormes inégalités sociales ne laissent pas de place pour de tels arrangements. Au contraire, il est temps de tracer les lignes de démarcation en fonction des besoins du plus grand nombre, en particulier des personnes les plus touchées par la crise et qui sont en dessous du seuil de pauvreté.

Bien que la mise en garde qui suit est un acquis pour l’ensemble de notre parti et n’est pas contestée, le débat sur les fameuses «adhésions», les «élargissements», les «partenariats» et « alliances » est de retour mais dans la mauvaise direction. Dans le passé récent, en fait, notre parti a payé cher l’intrusion de "personnalités" qui ont peu à voir avec la gauche, qui ont frappé notre identité et nos valeurs, insulté le monde de la gauche avec les théories de « la gauche de rien du tout», ignoré l'expression collective, sous-estimé l'altruisme et l’engagement désintéressé de milliers de militants de gauche en leur marchant dessus et en faisant semblant d'être des leaders, à qui nous devrions déjà beaucoup ... Il s’agit d’une vieille façon de faire de la politique politicienne, qui est étrangère à nos propres principes, qui non seulement n’a rien ajouté, mais au contraire a supprimé parfois nos forces ou crée des doutes et des interrogations auprès de nos membres et ami-e-s. Par conséquence, en ce qui nous concerne : Nous sommes ouverts, ouverts aux gens ordinaires, qui viennent vers nous de façon désintéressée pour contribuer et offrir à l'effort commun. Nous sommes ouverts au monde des mouvements sociaux ou encore à celles et à ceux qui, depuis un poste de responsabilité ont prouvé dans la pratique, non pas nécessairement leur identité à gauche, mais le fait que leurs valeurs peuvent co-exister avec les valeurs de la gauche. Pour le dire autrement : Avec ces gens nous nous rencontrerons non pas au le milieu de la rue, pour scruter qui est plus à droite ou plus à gauche, mais sur le terrain des urgences sociales qui concernent le monde des pauvres ou encore celui des réfugiés et des migrants.

7. De notre côté, nous participons et sommes actifs dans les développements et processus européens. Nous percevons avec joie et optimisme les événements au Portugal et en Espagne, qui ajoutent des forces dans le Bloc de la gauche. Cependant, nous ne pouvons être que très préoccupés par la nette montée de l'extrême droite en Europe ; aussi par l'adoption de la part de partis de la droite et de la social-démocratie, ainsi que par de gouvernements d’autres pays, de la rhétorique - et malheureusement de la pratique aussi - de l'extrême droite xénophobe. Ceci est un développement négatif et nous aurons besoin de découvrir et de contribuer à la fissuration de l’édifice, afin de ne pas le laisser dominer cette Europe obscurantiste. L’insistance sur la politique d’austérité, véritable impasse pour les peuples, les options de division, destructrices pour les politiques européennes, la mise en œuvre de politiques néfastes pour l’Europe même, forment un paysage qui nous oblige à parler de l'Europe et de sa perspective sans conditions préalables et sans obsessions dogmatiques.

Notre juste inquiétude à propos de la nécessité de changer les rapports de force en Europe, ne doit pourtant pas nous conduire à des tactiques erronées, à des prises de positions qui pourraient nous piéger dans des projets politiques différents au nôtre. La social-démocratie européenne, par exemple, qui est principalement responsable de la dramatique évolution dans la vie des milliers de personnes, ne peut en aucun cas être notre allié privilégié ; nous ne pouvons considérer qu’il y aurait aujourd’hui des conditions pour l’alliance avec la social-démocratie, laquelle, dans un grand nombre de pays -et dans le nôtre- est absolument compatible avec la droite ou pire encore, joue un rôle négatif dans la question des réfugiés. Il est évident que nous voyons avec intérêt, les décalages, les déplacements, les ruptures, plus ou moins grandes, vers la gauche au sein des partis de la social-démocratie européenne. Ces processus nous concernent, puisqu’ils élargissent les capacités et l'influence politique de la gauche européenne.

Les questions relatives à la gouvernance, à la façon d'exercer le «pouvoir», les « portes ouvertes », les nominations et le placement de cadres à des postes clés ont préoccupé les organisations de membres. Nous insistons sur une gouvernance ouverte, un dialogue permanent avec les forces sociales et les collectifs. Le gouvernement de gauche doit présenter un modèle différent, qui rejette les phénomènes de la bureaucratie et les attitudes autoritaires et intègre la logique des "places", à savoir, la relation directe avec le monde qui s’engage, milite et a quelque chose à dire. Le modèle de discussion pour le projet de loi de l'administration publique, par exemple, montre les voies d’une relation différente d’un gouvernement avec les collectifs sociaux et les travailleurs eux-mêmes. Par conséquent, plus le gouvernement utilisera le concept du contrôle social et des « portes ouvertes », moins il sera miné par le pouvoir "invisible", toujours en place mais réel pour le moment encore. Le démantèlement du «passé», à savoir de l’invisible pouvoir autoritaire, est nécessaire. Tant qu'il reste en place sur la logique "l'état a une continuité" toutes les initiatives législatives ou autres seront annulées. Il y a de sérieux retards. Nous devons réaliser des changements et de ruptures dans des secteurs et des endroits qui peuvent être –et le seront- face à nous, nos adversaires. La réponse à cela n’est bien sûr pas le placement «des nôtres» juste parce qu’ils sont « les nôtres », mais les changements structurels qui laisseront, sur le long terme, les traces d'une compréhension et d’une pratique radicalement différente sur l'organisation de l'Etat et de la société.

9. A l’occasion de la question des réfugiés, il apparaît, maintenant, qu'un certain nombre de questions sociales peut être transformé de "petites" à "top". En ce sens, la politique de la part de la gauche radicale est une affaire complexe. Le but de la libération sociale a un caractère universel et concerne l’ensemble des multiples contradictions sociales. La nécessité, par conséquent, de renforcer les aspects de notre politique qui approfondit la ligne de démarcation Gauche - Droite et de décrire la perception globale de la société future, est impérative. Les petites ou grandes ruptures avec l'ancien système usé et autoritaire, l'émergence de nouvelles questions sociales, le soutien aux minorités sociales, à la recherche de visibilité et de justice sont absolument des questions cruciales.

Nous croyons que des questions telles que: Séparation de l’ Eglise et de l’'Etat, avec tout ce que cela implique, la politique sociale dans toute son ampleur, les conventions collectives et les droits des travailleurs, l'économie sociale et les coopératives, les pas audacieux à remplir sans délai, pour répondre à la juste revendications de la communauté lgtb, les ruptures concernant les droits des personnes handicapées, les Roms, les objecteurs de conscience, la réduction de la durée du service militaire et les droits des soldats, des questions qui concernent les dépendances, la poursuite des changements radicaux dans la domaine de la prison en vue de la réduction des peines et de la réinsertion, la politique anti-autoritaire, forment le cadre du radicalisme social de gauche, qui répond et sur le plan idéologique à l'obscurantisme du pôle autoritaire néolibéral, du pôle de la droite et de ses alliés.

10. Nous sommes intéressés à continuer à avoir une communication significative avec le monde de la gauche avec qui nous partageons des itinéraires historiques et politiques communes, en particulier avec celles et ceux avec qui nous avons eu un itinéraire commun au sein de notre parti. Malgré le climat de polarisation, malgré, dans certains cas, l'exclusion de notre parti, par des fanatismes conduisant parfois au cannibalisme, nous continuons à croire en l'idée de l’unité de la gauche à travers ses différences et en l'émergence d'une culture du dialogue, choses que dans le passé récent semblait que nous les avions atteintes. SYRIZA doit et peut redevenir dans le futur porteur fédérateur de la gauche.

En ce qui nous concerne, nous continuerons, selon un esprit ouvert et fédérateur, sans sectarismes et sans dangereuses exclusions dénuées de mémoire historique, d'être dans les rues, dans les zones de résistance, les syndicats, dans les structures de solidarité qui soutiennent à travers une compréhension diversifiée et inclusive le monde des misérables et des persécutés, le monde des réfugiés et des migrants. Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires pour assurer l'autonomie du mouvement social, pour renforcer le radicalisme, l'appel ouvert à la participation.

11. Notre insistance sur les questions de démocratie au sein du parti se culmine à la veille du congrès, puisque, en dépit des mesures positives, nous sommes encore très loin d'une fonction qui assure la participation des membres et de l'ensemble du parti aux centres de prise de décision. Le congrès devrait donner ses propres réponses en ce qui concerne les structures du partis, structures pour renforcer le mode collectif de fonctionnement, le rôle décisif du membre -militant et affaiblir les attitudes individualistes, de « piston » et de « leadership » sous toute forme.

Au cours de cette période que notre parti participe au gouvernement nous avons une difficulté supplémentaire : La «guidance», le «centre» est en constante déplacement depuis la place Koumoundourou (siège du parti) vers le palais Maximou (siège du gouvernement). Cela, au moins pour le parti, pour ses positions et ses actions ne peut être accepté ; dans tous les cas cela rend difficile pour le parti la communication nécessaire avec les mouvements sociaux et les couches populaires.

Notre parti dispose de ses organes élus, ses procédures, ses décisions. Les "deux points de vue", celui du parti et du gouvernement, est normal d'exister en raison du rôle que chacun a. Pourtant, il est obligatoire de se croiser de façon créative, faire l'objet d'un échange mutuel, d'osmose et de décisions finalement conjointes.

Le parti, d'ailleurs, n’est pas une branche du gouvernement. Au contraire, le gouvernement doit correspondre de façon significative avec les choix stratégiques de la collectivité du parti.

En ce sens, nous avons insisté sur la tenue du congrès à de dates dans la période de «guerre» et non pas à une période politique prétendument neutre et calme.

+ Nous nous félicitons des manifestations et luttes par les travailleurs et les jeunes contre la déréglementation des relations de travail, promue par le gouvernement français social-démocrate Hollande, bien que prétendument il n’est pas sous le régime de tutelle. Les luttes des travailleurs français, nous remplissent avec optimisme. Les peuples n’ont pas déposé les armes. L'histoire continue.

+ + La deuxième évaluation s’approche et les questions du travail sont mis au centre. Les exigences des prêteurs ont dans une certaine mesure vu la lumière du jour. Le but du bloc néolibéral est de tourner l'horloge des décennies en arrière. Le défi pour nous n’est pas la «défense» contre les attaques que nous subissions en tant que société, mais la restauration, la consolidation et l'expansion des droits du travail, qui ont été complètement perturbés par les politiques mises en œuvre au cours de la dernière période par les gouvernements conservateurs et autoritaires ND - PASOK.

+ + + Nous sommes en faveur de la simple proportionnelle, sans bonus ni clauses qui modifient la substance de la volonté du peuple.

+ + + + Nous avons besoin de grandes brèches politiques qui laisseront l'empreinte dans l'avenir. Cependant, ces incisions, relatives aux droits, aux libertés, aux institutions, au système politique, etc., ne sont pas nécessairement incluses dans le débat qui a été ouvert sur la révision de la constitution et ceci est très grave, mais en aucun cas ne devrait faire l’objet d’astuces de communication ou des querelles stériles pourvues de sens politique. La Constitution (et son changement), par ailleurs, ne peut pas être une question à être résolue que par des experts constitutionnels ou des politiciens. Sans la participation populaire, sans la participation des mouvements sociaux, le débat sur la Constitution sera une coquille vide et favorisera des forces plus conservatrices dans leur tentative de constitutionnalisation des recettes du néolibéralisme

+ + + + + La question des réfugiés concerne l'ensemble de l'Europe et ne se résoudra pas par des politiques de prévention, de répression et de violation du droit international. Elle est inséparable et est une conséquence naturelle des guerres dans le grand Moyen-Orient, en se concentrant sur la Syrie.

SYRIZA, dès le premier instant, a choisi de mener le combat d’accueillir des populations déracinées, en termes de solidarité, d'humanité et de justice.

"Les réfugiés, les migrants et les enfants sont arrivés dans notre pays en passant par de multiples risques et ont reçu, ce qui ont été sauvés – des bras ouvert, des «bienvenue», de la solidarité sans réserve, de la part des mouvements sociaux mais aussi de la grande majorité de notre peuple. Nous nous sentons heureux de ce fait, puisque, en tant que parti, en tant que gauche, en tant que gouvernement, nous croyons que nous avons contribué de manière décisive, dans le respect de la loi - et voilà pourquoi nous sommes accusés par nos adversaires politiques et idéologiques.

Cependant, la corrélation négative des forces au sein de l'UE, les chantages continus, la pratique d'extrême droite xénophobe de l'Europe - et même des gouvernements sociaux-démocrates des pays comme l'Autriche et la Slovaquie- mais aussi de la péninsule des Balkans, ont conduit à l'accord UE - Turquie, qui nie dans la pratique la Convention de Genève et les droits acquis des réfugiés et des migrants.

Bien qu’à juste titre, notre pays a demandé avec insistance une réponse européenne à la crise des réfugiés dans le cadre de l’égalité entre pays membres et des droits de l'homme, une réponse contre les murs, la xénophobie et le racisme, l'accord avec le gouvernement turc a transformé cette crise en une question gréco-turque, en ignorant, pour des raisons d'opportunité, les graves problèmes de légitimité de la mise en œuvre des politiques de retour des réfugiés dans un pays qui ne possède pas les critères formelles afin d’être qualifiée sécurisé et qu'aucun pays européen ne l’a reconnu comme tel.

La mise en œuvre de l'accord UE-Turquie met en évidence les défauts et les impasses des choix politiques de l'Europe d'aujourd'hui, choix politiques qui se caractérisent par le cynisme et l'hypocrisie.

L’humanisme, la culture, la démocratie, les droits et les solidarités sont constamment dégradés par les centres politiques dominants de l'Europe unie et la question de l'avenir est tragiquement d'actualité - notamment après le récent référendum en Grande. Bretagne.

Notre parti s'oppose aux raisonnements et pratiques qui renforcent la dissuasion, la peur et la défense des attitudes de droite.

Nous insistons sur notre devoir de ne permettre aucune expulsion illégale et de respecter la légitimité de l'examen des demandes d'asile, sans surprises, compensations ou négociations.

La récente modification pour la nouvelle création de Comités de recours, condamnée par tous les organismes scientifiques du domaine, par des institutions indépendantes et par les mouvements sociaux, ne doit pas être appliquée. Nous allons continuer à soutenir la mise en œuvre des décisions des organes collectifs du parti, d’une part, pour empêcher le retour à la politique de l’Europe- forteresse, de l'Europe qui cherche l'abolition de la Convention de Genève et qui, afin d’assurer la fermeture de ses frontières aux réfugiés, caractérise la Turquie «pays sûr» et, pour, d’autre part, contribuer à la bonne intégration des personnes qui vont rester dans notre pays.

SOURCE : http://www.syriza.gr/synedrio/keimena.php?id=66157#.V-90VfmLSUk

traduction du grec : Anastassia Politi et Elisabeth Blanes - Syriza Montpellier- Sud de France –

tel : 00 33(0)601286648

http://www.syriza-montpellier-sud-france.org/Syriza Montpellier Sud France

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