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Yiannis Mouzalas, ministre de l'immigration en Grèce
Yiannis Mouzalas, ministre de l'immigration en Grèce

En visite à Paris, Yannis Mouzalas, le ministre grec de l’immigration, se plaint du manque de solidarité de ses partenaires.

Yannis Mouzalas, le ministre grec de l'Immigration est aussi las et résigné que courtois. Régulièrement incendié par ses partenaires européens pour son incapacité à gérer le flux de centaines de migrants entrés sur les îles grecques depuis le printemps 2015, il reste d'un calme olympien. Il était à Paris, la semaine dernière, pour réclamer aide et soutien à son collègue Bernard Cazeneuve. « Aujourd'hui, on nous reproche de ne pas faire suffisamment de réadmissions au titre de l'accord avec la Turquie , explique-t-il. C'est vrai : mais ce n'est pas de notre fait : on nous avait promis 400 experts du droit d'asile pour nous aider à traiter les demandes qui affluent . Il n'en est arrivé que 19 ! » L'accord du 18 mars prévoyait que la Turquie reprenne tous les migrants arrivés en Grèce à compter de cette date, mais seulement une fois instruites les demandes d'asile, auxquels les arrivants ont droit au titre de la convention de Genève. Ce traitement au cas par cas des demandes a engorgé le système car la plupart des arrivants ont déposé une demande d'asile et le manque de personnel ralentit considérablement la cadence . Depuis le mois de mars, la Grèce a renvoyé en Turquie moins de 600 migrants, pour la plupart des migrants entrés illégalement en Grèce et n'ayant pas fait de demande d'asile.

Ralentissement

Avec le ralentissement du flux de migrants depuis le début de l'année, la Grèce aurait dû ressentir un soulagement. De 2.170 arrivées par jour au mois de janvier, le chiffre est tombé à 110 au mois d'août et de septembre . Mais le pays est désormais confronté à d'autres problèmes. « L'année dernière un million de migrants ont transité par la Grèce. Mais avec la fermeture des frontières au nord et l'accord passé avec la Turquie, 50.000 réfugiés se sont retrouvés bloqués dans notre pays et 10.000 se trouvent aujourd'hui dans les îles. C'est pourquoi nous avons plus que jamais besoin de soutien. Le plus urgent c'est de nous fournir le personnel nécessaire ». Yannis Mouzalas refuse de parler de « solidarité » . « La crise migratoire est une crise européenne, pas grecque. On ne veut pas la charité, mais que chacun fasse son devoir ». Une vérité que nombre de ses partenaires européens refusent d'admettre préférant brandir les règles de Schengen qui délèguent au premier pays d'accueil des migrants le traitement des demandes d'asile. Pourtant, explique le ministre grec « 60.000 migrants chez nous, cela équivaut à 580.000 en Allemagne ou encore 520 000 en France. Pensez-vous que vous pourriez gérer cela seuls ? ». Le ministre est d'ailleurs inquiet de la réforme en cours des règles de l'espace Schengen. « Pourquoi le premier pays d'accueil devrait-il s'occuper du flux d'arrivants ? On voit bien que dès que face à un afflux imprévu, le système explose !». A Paris, Yannis Mouzalas a aussi plaidé pour un mécanisme européen de renvoi des migrants illégaux car aujourd'hui « si l'Espagne peut renvoyer les migrants aux Maroc et l'Allemagne en Afghanistan , c'est beaucoup plus difficile pour un petit pays comme la Grèce. Le Pakistan rejettent nos demandes... ».

Catherine Chatignoux

@chatignoux


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/europe/0211306867058-le-ministre-grec-de-limmigration-reclame-a-ses-partenaires-laide-promise-2028486.php?j8mDPuUhcPIlwJZI.99#xtor=CS1-33http://http://www.lesechos.fr/monde/europe/0211306867058-le-ministre-grec-de-limmigration-reclame-a-ses-partenaires-laide-promise-2028486.php#xtor=CS1-33

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