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Bréxit, Europe, Grèce

21.06.2016 efsyn.gr

Costas Douzinas _ député Syriza, professeur à l’Université de Londres.

Brexit, Europe, Grèce

Quelles incidences du Brexit pour l’Europe et la Grèce ?

Juncker, Schaeuble et Schulz demanderont un mouvement plus rapide vers l’intégration économique et l’union politique.

Les eurosceptiques vont considérer que leur moment est arrivé.

Nous aurons peut-être des referenda pour la sortie de l’UE dans des pays traditionnellement eurosceptiques, comme le Danemark et la Hollande.

Il y aura en même temps une montée de l’extrême droite en France, en Italie et en Autriche, tandis que plusieurs pays se serviront du précédent Cameron pour négocier des dérogations à leurs engagements.

Ainsi, le processus de détricotage institutionnel et de déclin politique de l’UE, déclenché par la crise économique, qui a été accéléré avec les chantages antidémocratiques sur la Grèce et a pris des dimensions gigantesques avec les flux migratoires, va culminer.

La priorité de l’UE deviendra d’éviter un effondrement total et les négociations avec la Grande Bretagne.

On peut raisonnablement prévoir que le directoire européen ne voudra pas de nouveaux drames avec la Grèce, qui aggraveraient un climat déjà empoisonné.

Dans ce cadre de désintégration générale, la position de négociation de la « petite » Grèce » sera revalorisée.

Si des initiatives visant à renverser les politiques actuelles ne sont pas prises, on va avancer, je suppose, vers une UE à trois vitesses, avec un noyau dur autour de l’Allemagne, les pays post-communistes (Balkans, Baltes et Visegrád) comme satellites du centre et la Méditerranée dans un orbite relativement indépendant.

Il incombe à la Gauche grecque, avec sa jeunesse institutionnelle et son « insolence » nécessaire, de proposer une série de grandes réformes institutionnelles et des changements démocratiques qui pourront inspirer les peuples européens.

Elles devront avoir comme caractéristiques principales la « repolitisation » de la politique et la participation directe des citoyens à la prise de décisions au niveau local, national et européen.

Elles devront être combinées avec un nouveau contrat européen pour l’emploi, les droits sociaux et la reconnaissance de la diversité culturelle.

Si des initiatives de l’UE mènent à une amélioration considérable du niveau de vie, l’intérêt et la participation des gens vont augmenter.

Or, de telles initiatives sont-elles possibles dans un environnement tellement hostile ?

Ce sera difficile, puisque cela va nécessiter une nouvelle assemblée constituante des citoyens, des mouvements sociaux et des partis au-delà de ce qui existe.

Mais sans changement radicale, l’avenir de l’Europe paraît sombre...

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